Péril bleu

WITTY
 

Péril bleu est un clin d'œil au dénouement du roman de Maurice Renart, qui voit la désintégration d'un vaisseau spatial extra-terrestre invisible qu'une couche de peinture élaborée pour l'occasion, avait pourtant pu révélée pour un bref moment, par recouvrement des formes.

Avec Péril bleu Witty poursuit sa recherche sur "l'effacement", qui peut aussi bien être le recouvrement par des substances particulières qui "efface", l'objet tout en le révélant aussi, sous un nouveau jour, superposition de couches, que l'opération de mimer cet effacement, de mettre en scène ces modes de recouvrements.

Il décline cet "effacement" a travers ce qu'il appelle, trois "saisons", c'est-à-dire la juxtaposition dans le temps et dans l'espace de moments forts et distincts. Il ne veut pas parler de "périodes", qui sous entendent qu'une évolution s'est produite d'une période a une autre, ce qui voudrait dire que l'artiste a recourt a la "pratique", une notion que rejette catégoriquement witty comme étant un héritage de cet art européen et poussiéreux.
Witty revendique l'instant présent qui n'est ni plus ni moins intéressant que celui d' après, au delà de la notion d'étapes.

A chacune de ces saisons correspond un espace définit dans l'exposition, qui prend malgré les objections de Witty des airs de rétrospectives.

La première saison serait la plus expérimentale et comporte des éléments que l'on retrouve développé dans les deux autres. Witty utilise là essentiellement la photographie comme moyen d'enregistrement d'expériences particulières sur le thème de l'effacement, comme en témoigne la série "heineken" réflexion douce-amère sur la main de l'artiste démiurge tombé de son socle, qui joue de la juxtaposition de la couleur et du noir et blanc. Sur la photographie, Witty nous parle du petit pincement qu'il ressent au cœur quand son œil quitte l'objectif au moment de la prise de vue, de voir que l'objet photographié est toujours là qu'il n'a pas été effacé, a l' instar de la réticence que peuvent montrer des personnes de peuple dit primitif a se faire photographier; comme si elles craignaient de disparaitre dans la chambre noire de l'appareil. Une dimension que Witty ne retrouve pas avec la photo numérique.

Dans La deuxième saison, Witty se consacre a la peinture, pour tous les moyens de recouvrement qu'elle induit. Il réutilise une technique traditionnelle du bâtiment, ou la peinture au départ est une masse que l'on dilue a volonté pour rencontrer la transparence. De là vient sa célèbre série des "cover" réalisée en collaboration avec des artistes du graffiti. Il va aussi a contrario utilisé une peinture très chargé en pigment qui va permettre au motif choisit de remonter a travers les couches qui le recouvrent comme on peut le voir dans la série "stone".

Dans la troisième saison Witty montre par le biais d'installations a quel point la réalité peut être faite de son absence, par effacement justement. Dans "daytime tonight", la nuit un écran de fumée sert d'écran de projection d'une scène prise en plein jours et qui se situe derrière la fumée…La densité de la fumée qui varie, donne a voir aussi bien la projection, que l'originale derrière transformée par la nuit; ou est la réalité, dans les particules de lumière que retient la fumée ou dans l'image qu'elle représente?
Witty reprend l'idée de cette installation en projetant en direct sur des panneaux de verre polie la scène qui se déroule au cours de l'exposition derrière les panneaux qui soumit aux jets d'humidificateurs prennent plus ou moins de transparences. L'effet était si saisissant que certain visiteurs ont voulut les traverser a leur dépend…

 

 
Serie Heineken format 45/92cm 2004    
 
 
 
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